WUL Stefan (1922-2003)

Stefan WUL
Stefan WUL

« La magie des décors et de l’ambiance évoquée par la musique, voilà ce qui m’inspire, je crois. Et tout le reste est accessoire. Le livret d’opéra, je m’en fiche éperdument . Ce qui m’intéresse, ce sont les cymbales, une ambiance, voilà, un climat. »

(Stefan WUL)

En trois ans, de 1956 à 1959, WUL écrit onze romans qui éblouissent les lecteurs du Fleuve Noir « Anticipation », habitués, à cette époque, il est vrai à une piètre littérature.

Pourquoi a-t-il écrit si vite tant de livres ? Pourquoi soudain a-t-il cessé ? sont des questions qu’on lui a souvent posées et auxquelles il n’a jamais pu vraiment répondre.

Stefan WUL ( de son vrai nom Pierre PAIRAULT) est un écrivain de désir, d’instinct qui s’abandonne à une forme d’imagination automatique et dont les romans fonctionnent selon un mode de type marabout-bout de ficelle…

La plupart de ses œuvres reposent sur des idées banales ou simplettes qui, confrontées entre elles, engendrent des idées secondaires pleines d’étrangeté et possédant toutes les apparences de l’originalité.

Cette réussite étonnante tient au fait que l’auteur écrit avec une totale spontanéité sans jamais préméditer ses effets. Pour lui, seules importent la couleur, l’image. Les romans de WUL sont une succession de tableaux naïfs et insolites qui, tout en renvoyant à la veine PULP américaine, possèdent une fraîcheur exotique et une malice naturelle qui évoquent le Douanier Rousseau.

Quand il revient au genre pour un unique roman (Noô), après un silence de dix-huit ans, l’œuvre, plus réfléchie et à l’imagination plus forcée que celles de sa jeunesse, n’a plus la même séduction.

La majorité de ses onze romans écrits avant la subite panne d’inspiration ou de motivation de Stefan WUL peuvent encore se lire aujourd’hui avec ravissement. Il sait y décrire avec sensibilité l’humanité en péril (Niourk, Oms en série), enchaîner les rebondissements les plus extravagants (Le Temple du passé), peindre avec une verve sans lourdeur des ailleurs exotiques (Piège sur Zarkass). Cultivant décidément le goût de la bizarrerie, Stefan WUL a abandonné la SF pour se lancer notamment dans la rédaction d’épopée en alexandrins.

Le succès considérable qu’a obtenu la réédition de certains de ses titres dans des collections plus particulièrement destinées à la jeunesse prouve que la magie opère toujours : hors du temps et des modes, la littérature de Stefan WUL ne s’est pas fanée comme celle de la plupart des auteurs des années 50.

Deux de ses romans ont été adaptés sous la forme de dessins animés : Oms en série ( La planète sauvage de TOPOR et LALOUX) et L’orphelin de Perdide ( Les Maîtres du temps de MOEBIUS et LALOUX). Niourk

Niourk reprend le thème connu de la Terre post-atomique. Mais la vision qu’il en a le place d’emblée aux côtés des plus grands maîtres du genre. Les océans se sont asséchés et les poulpes ont muté. Un enfant noir, paria de sa tribu, est contraint de s’enfuir avant d’être sacrifié. Ayant mangé la cervelle du vieux chef mort d’ivresse et s’étant emparé d’un antique laser, il mène son clan jusqu’à Niourk. Atteints par la radioactivité des cervelles de poulpe mangées, ils commencent à mourir…C’est d’une manière imprévue (une fois n’est pas coutume) et étonnamment moderne que l’enfant noir arrivera à survivre.

Bibliographie

  • Retour à ‘0’ (1956 – FNA 78 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • Niourk (1957 – Denoël PDF 128 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • Rayon pour Sidar (1957 – Denoël PDF 136 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • La peur géante (1957 – Denoël PDF 545 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • Oms en séries (1957 – Denoël PDF 146 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • Le temple du passé (1957 – Denoël PDF 572 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • L’orphelin de Perdide (1958 – Denoël PDF 536 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 1)
  • Piège sur Zarkass (1958 – Denoël PDF 571 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 2)
  • Odyssée sous contrôle (1959 – Denoël PDF 542 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 2)
  • Terminus 1 (1959 – Denoël PDF 551 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 2)
  • La mort vivante (1958 – Denoël PDF 570 ou Lefrancq Volume, œuvre intégrale 2)
  • Noô (1977 – Folio SF 105)

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