DICK Philip K. (1928-1982)

Philip K. DICK
Philip K. DICK

De tous les auteurs de Science-Fiction, Philip K. Dick est sûrement celui qui a le plus donné envie d’écrire à la nouvelle génération d’auteur du genre. Cela est du, bien sûr à la qualité incontestable de son oeuvre, mais aussi à la fascination qu’inspire la vie même de l’auteur. Une vie dominée par le doute, la remise en question du réel, jonglant continuellement avec le concept du simulacre et la peur de découvrir que le monde qui nous entoure n’est qu’un décors de théatre pour les pantins que nous sommes…

C’est en 1955 que Philip K. Dick publie son premier roman, Loterie solaire . Mais il faut attendre encore quelques années pour que Philip K. Dick mette en place son univers. Surtout qu’à cette époque, il est très difficile pour un écrivain de Science Fiction de réussir à vivre uniquement grâce aux ventes de ses livres. « Quand on me parle de Loterie solaire, dit Philip K.DICK, je me mets toujours sur la défensive. Mais si l’on songe à ce qu’était le domaine à ce moment là, c’était un sacré bon roman. »

C’est pourquoi Philip K. Dick applique le procédé du « fix-up novels », cher à Alfred VAN VOGT, et qui consiste à construire des romans à la chaîne en collant bout à bout des idées développées auparavant dans différentes nouvelles.

La plupart, bien entendu, sont d’un intérêt mineur (au plus fort de sa carrière, Philip K. Dick en publiera une quinzaine en l’espace de cinq ans, chacun rédigé sur une période de quelques semaines seulement), mais chacun est déjà bien singulier comparé au reste de la production de ses confrères : Philip K. Dick est déjà là avec ses angoisses et ses thèmes propres : la drogue et la tyrannie politique ( Les chaînes de l’avenir), l’idée des univers alternatifs et le jeu sur le réel / l’illusion / le simulacre apparaissent en 1957 avec L’œil dans le ciel. Ce dernier thème est exploré de façon plus typiquement DICKienne en 1959 dans ce qui est sans doute son meilleur roman de la première période, Le Temps désarticulé. Car voilà l’idée maîtresse de toute son œuvre : « Le monde dont nous faisons l’expérience n’est pas le monde réel, mais autre chose, une semi-réalité, un leurre. »

Au début des années 60, Philip K. Dick traverse une crise.Il a de plus en plus de mal à allier son activité d’écrivain avec un travail alimentaire. Et c’est à ce moment là qu’il va produire son chef d’oeuvre Le Maître du Haut chateau, qui obtient le prix Hugo,qui va le consacrer auprès du grand public. Pour rédiger son roman, DICK à utilisé une technique très particulière : il a eut recours au Yi-KING, sorte de livre oracle le guidant dans la construction de son intrigue.

Par la suite,Le Dieu venu du Centaure, va contribuer à répandre la réputation de drogué de Philip K. Dick (lequel affirme cependant qu’il ne connaissait rien alors du LSD, sinon ce qu’il en avait lu chez HUXLEY). Il montre aussi pour la première fois l’auteur en proie à ses interrogations méta physiques (il aborde en particulier le problème de la transsubstantiation et de la transcendance du mal).

C’est aussi à partir de là qu’il va commencer à avoir des hallucinations, qu’il va se persuader rencontrer certains personnages de ses romans et qu’il va se croire persécuté par le FBI.

Avec Docteur Bloodmoney, il fait surgir son éternel monde alternatif d’une catastrophe nucléaire. Puis, après Blade Runner, qui lui vaudra une gloire tardive grâce à une adaptation cinématographique, la décennie 60 s’achève sur Ubik, que beaucoup considèrent comme le chef-d’œuvre de Philip K. Dick mais que l’auteur lui-même juge assez sévèrement (« Ce qu’on perçoit dans Ubik, c’est une certaine fossilisation de mon écriture : je commençais vraiment à me répéter »). Il est vrai qu’il se répète, de même qu’il y reproduit pas mal de poncifs de la SF, mais jamais il n’était allé aussi loin dans l’exploration de ses thèmes obsessionnels.

A partir des années 70, la confusion entre son oeuvre et sa vie privé va devenir totale. Dans Substance mort, Philip K. Dick règle ses comptes avec la drogue. Un livre noir et sarcastique où il fait revivre tous ses amis disparus, tous ceux qu’il a vus détruits par la drogue. « Je voulais que plus personne, ayant lu ce livre, ne puisse plus toucher à la drogue jusqu’à la fin de ses jours…Chaque fois que je le relis, je pleure. Je pense que c’est le seul chef-d’œuvre que j’écrirai jamais.. »

Pour nous, la carrière littéraire de Philip K. Dick s’achève sur ce qu’il est convenu d’appeler la « Trilogie divine ». Pour l’auteur, ce ne sont là sans doute que bribes, fragments et reflets de la quête mystique qui a accaparé les dernières années de sa vie. Dans ses interviews, dans ses conférences, Philip K. Dick s’est efforcé d’expliquer ce qui fonde son « Exégèse », vision historico-romanesque de l’univers et du divin. N’étant pas en mesure de faire la part du délire paranoïaque, de l’influence des produits pharmaceutiques, de la sincérité et de l’humour, nous éviterons de juger la trilogie à l’aune de l’état mental de l’écrivain. Mais ce sont, nous semble-t-il, des livres assez saisissants, passionnants en tout cas par leur complète étrangeté (Siva, L’Invasion divine, La Transmigration de Timothy Archer). L’essence même de la SF, en somme.

Bibliographie :

Philip K. Dick sur le net


Visionnaires – Philip K.Dick par DocPlus

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